La Salle capitulaire

La Salle capitulaire


Ce chef-d’oeuvre de proportions et d’élégance constitue, du Moyen-Âge au XVIIe siècle, le coeur de l’abbaye. En effet, chaque matin, après l’office des laudes (quand le jour se lève), le père abbé réunit les moines et toutes les grandes décisions concernant le monastère sont prises dans cette salle.

C’est un superbe exemple d’architecture médiévale : de plan carré, divisé en 9 travées, ses voûtes sur croisées d’ogives s’appuient sur quatre colonnes centrales aux chapiteaux octogonaux en pierre de Bernay.

La clé de voûte centrale est ornée d’une sculpture figurative représentant un agneau mystique ; cette représentation de l’agneau dressé, tenant l’étendard de la résurrection du Christ sera l’emblème du monastère.

Trois baies en plein cintre percent chaque travée à l’est alors que la salle s’ouvre à l’ouest, côté cloître, sur la façade principale, par une porte centrale encadrée de deux baies géminées.

Les deux fenêtres s’insèrent dans l’embrasure du mur présentant des coussièges qui permettent de s’asseoir et d’offrir une vue apaisante sur le cloître. Sur les arcs, quelques traces de peintures du XIVe siècle ont résisté au temps alors que les vestiges d’un banc de pierre sont parsemés sur trois des quatre côtés de la salle.

Enfin, impossible de passer à côté du gisant de la reine Bérengère, fondatrice du monastère et décédée en décembre 1230, deux ans après que le roi Louis IX, par une charte établie en août 1228, ne lui fasse don d’un lieu près du Mans nommé l’Espau sur lequel fut fondé le 7 février 1229 ladite abbaye.

Le gisant de la Reine Bérangère
La Reine Bérengère meurt l’avant veille de Noël 1230 dans son palais des comtes du Maine à l’âge de 60 ans. Son corps est ensuite acheminé dans sa chère abbaye, mais l’abbatiale inachevée ne lui permet pas d’y être enterrée. Les religieux font sculpter sa pierre tombale (ou gisant) bien des années plus tard en la parant des signes distinctifs de sa qualité de Reine (couronne parée de fleurons et de cabochons sur sa tête, deux animaux : le chien, symbole de fidélité et le lion, attribut donné à Richard, son mari sont sculptés couchés à ses pieds, le livre de prières qu’elle tient entre ses mains d’un geste particulier et tendre pour évoquer sa fin de vie…).

Son tombeau demeura dans la salle capitulaire pendant plusieurs siècles avant de connaître quelques revirements entre 1602 et 1988 où il revient sur son lieu initial après avoir été déplacé dans l’abbatiale (1602-1790), puis transféré à la cathédrale du Mans et de revenir enfin à l’Epau en 1970. La reine Elisabeth d’Angleterre vient s’incliner sur son gisant en juin 1984 avant qu’il ne retrouve enfin son emplacement initial dans la salle capitulaire en 1988.




 
 

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